Gestion de crise Image au microscope électronique d'un coronavirus (AP/SIPA)

Le syndrome français

Le Français, que l’on dit de plus en plus timoré, angoissé et peureux face à l’avenir, est capable d’un flegme à toute épreuve lorsqu’il s’agit de sa santé. Dernier exemple : la fuite de l’usine chimique Lubrizol à Rouen.

Des émanations [...]

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Éditorial
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Frédéric Taddeï Directeur éditorial de Newsring

Le syndrome français

jeudi 24 janvier 2013

Le Français, que l’on dit de plus en plus timoré, angoissé et peureux face à l’avenir, est capable d’un flegme à toute épreuve lorsqu’il s’agit de sa santé. Dernier exemple : la fuite de l’usine chimique Lubrizol à Rouen.

Des émanations d’éthanéthiol, dont l’odeur pestilentielle peut provoquer nausées, maux de tête, toux, larmoiements, ont eu beau se répandre ce mardi en Normandie et en Île-de-France, on n’a relevé aucun afflux aux urgences des hôpitaux! Le Français est resté de marbre. Comme il était resté de marbre face à la vache folle en 1996 et 2000, au SRAS en 2003, à la grippe aviaire en 2004, au virus H1N1 en 2009 et au chikungunya en 2010.

Confronté à n’importe quelle alerte sanitaire de grande ampleur, le Français montre un sang-froid qui lui fait souvent défaut dans les autres occasions: invasion allemande, finale de Coupe du monde de football contre l’Italie, exil fiscal de Gérard Depardieu… Rappelez-vous le nuage de Tchernobyl. Quand on a appris sa présence au-dessus du midi de la France le 1er mai 1986, en pleine fête du Travail, vous croyez que les plages se sont vidées? Pas du tout ! On a continué de bronzer et de se baigner. Et quand le scandale de l’amiante a éclaté dans les années 90, vous avez vu les professeurs et les étudiants se ruer hors de la faculté de Jussieu? Que nenni! Des Anglais sous les bombes! Tout le monde a fait comme si de rien n’était. Et c’est là que trop de courage finit par inquiéter. 

Ne devrait-on pas se faire violence et céder un peu plus souvent à la panique? Revêtir un masque de protection respiratoire lorsqu’on prend l’avion, comme les Asiatiques. Accepter de nous faire vacciner quand la ministre de la Santé nous y invite. Interdire à nos enfants le cannabis et le téléphone portable. Manger bio. Lutter contre le réchauffement climatique…

Et, surtout, si une fuite de gaz a lieu dans usine chimique classée «Seveso» et qu’une effroyable odeur d’œuf pourri se répand dans toute la vallée de la Seine, en nous faisant pleurer et tousser, courir aux urgences! Même si les autorités nous répètent qu’il n’y a aucun danger. On ne sait jamais. Elles pourraient mentir, les autorités. Comme dans tous les films catastrophe... 

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Principaux arguments Non

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Draz Crit etudiant
Qui nous fait paniquer?
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Draz Crit etudiant
Grippe, vaccins, Etat : l'histoire est un éternel recommencement

Principaux arguments Oui

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francoise rose femme 52 ans dynamique
Paniquer non, mais rester vigilant
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François Serrault
Excellent article !