Cancérigène

Aux yeux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), c'est désormais «certain» : les particules contenues dans les gaz d'échappement des moteurs diesel sont cancérogènes. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui avait [...]

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Contexte

Aux yeux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), c'est désormais «certain» : les particules contenues dans les gaz d'échappement des moteurs diesel sont cancérogènes. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui avait jusque là classé les particules dans la liste des produits «cancérogènes probables», en a décidé ainsi à l'issue d'une réunion de travail, le 12 juin.

Le docteur Christopher Portier, qui le préside, a déclaré : «Les preuves scientifiques sont irréfutables et les conclusions du groupe de travail ont été unanimes : les émanations des moteurs diesel causent des cancers du poumon. […] Étant donné les impacts additionnels pour la santé des particules diesel, l'exposition à ce mélange chimique doit être réduite dans le monde entier.»

Cette décision représente un tournant important en France car la politique était jusque là de promouvoir le diesel, qui représente 60% du parc automobile. Une exception française que le docteur Patrice Halimi, interrogé par l'AFP, voudrait voir disparaître : «Ma réaction, c'est : enfin ! On sait depuis très longtemps que le diesel est un mauvais choix sanitaire, et que cette politique publique est une erreur.»

Selon le ministère de l'écologie, les particules fines issues des gaz d’échappement des véhicules mais aussi du chauffage au bois et de l'industrie seraient responsables de 42 000 morts prématurées chaque année. Pour Bruno Guibeaud, président d'Europe qualité expertise, interrogé par Le Parisien, c'est ni plus ni moins un «problème comparable à celui de l’amiante.»

De leur côté, les constructeurs protestent. D'énormes investissements ont été réalisés pour limiter la dispersion de ces particules, comme les filtres. Les moteurs modernes sont de ce point de vue là beaucoup plus performant qu'il y a 20 ans. Pour Allen Schaffer, le directeur général du Diesel Technology Forum de Washington, le problème se règlera de lui-même : «Les véhicules diesel de nouvelle technologie utilisent des carburants à très faible teneur en soufre et leurs émissions sont proches de l'émission zéro en oxydes d'azote, en hydrocarbures et en particules.» Ces moteurs ayant été mis en place vers 2 000, il ne roulera bientôt plus que des véhicules diesels «propres».

L'État doit-il interdire le diesel ?

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