Foire d'empoigne

Les candidats à la présidence de l'UMP se multiplient: après Copé, Fillon et Juppé, il faut ajouter Dati, Le Maire et Baroin

La lourde défaite aux législatives –la plus importante que la droite ait connue depuis les législatives de 1981– a logiquement suivi celle de la présidentielle de mai. Le retrait de Nicolas Sarkozy, qui dirigeait l’UMP depuis 2004, a ouvert [...]

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Les ambitions personnelles n'expliquent pas la guerre des sensibilités, elles en jouent seulement

Limiter les enjeux de la bataille actuelle au sein de l'état-major de l'UMP à une simple querelle de chefaillons serait trop réducteur, même si, c'est vrai, les ambitions et les alliances de personnes s'expriment plus lisiblement après la double défaite de 2012. En fait, l'UMP doit désormais faire face à ses ambiguités et à ses contradictions, lesquelles avaient été largement gommées par les années Sarkozy. Or le parti ne peut plus faire l'économie d'une direction floue allant de la droite "décomplexée" au centre-droit. Une telle construction idéologique arrive à se gérer avec les arbitrages gouvernementaux, ménageant les diverses sensibilités. En revanche, elle ne peut constituer une force suffisamment solidaire pour définir une stratégie de combat cohérente pour partir à la reconquête du pouvoir. Car il y a là une réalité que la personnalité Sarkozy a pu et su gommer : depuis juin 2007, la machine électorale UMP a tout perdu : les grandes villes, les régions, le Sénat, l"Assemblée nationale et enfin l'exécutif. Cela ne tient pas qu'à la conjoncture économique et internationale, ni au front TSS (Tout sauf Sarko). La vérité, c'est que l'UMP manque d'une ligne politique claire ; elle s'est construite pour servir son leader incontournable et elle a suivi comme une ombre celui-ci dans sa politique à géométrie idélogique variable. Sarkozy hors-jeu, aujourd'hui l'UMP doit faire plus que choisir son remplaçant, elle doit se trouver une vraie lisibilité, un positionnement politique clairement défini et entièrement assumé. Cette "guerre ces chefs" ne fait qu'illustrer l'incompatibilité fondamentale qui perdure entre les "héritiers" des lignes Séguin, Pasqua, Chirac et Sarkozy. Quel investissement au niveau de l'Europe : tendre vers le fédéralisme ou pas ? Quel ancrage politique national : entre centre-droit, droite "modérée" ou droite vraiment décomplexée ? Quel pari économique ? Un parti de droite peut-il donner l'impression de délaisser les questions liées à la sécurité et à l'immigration ? Quelle stratégie tenir face au FN et quel discours avoir pour faire revenir les électeurs séduits par le discours simpliste de Marine Le Pen ? Cette bataille pour le leadership dépasse largement la question des postulants à la succession de Sarkozy. Il faut juste souhaiter que le débat des idées, indispensable pour lancer une dynamique en vue de 2014, ne sera pas pollué par les conflits de personnes représentant ces diverses sensibilités.  

Enfin, rien ne dit que le chef désigné en octobre sera effectivement le candidat du parti pour la présidentielle pour 2017. Ce serait donc une "bataille d'ego" largement prématurée. Si l'UMP survit telle quelle à cette synthèse du "congrès de la défaite", il y aura nécessairement une primaire en interne en 2016. Depuis le "coup politique" de Ségolène contre François en 2006, puis l'instauration des primaires au PS et à EELV en 2001, la logique du "président de parti" comme "candidat naturel automatique" n'existe plus. Aussi la victoire en octobre ne sera gage de rien, de même que la défaite ne sera en rien rédhibitoire. Tout dépendra de la gestion du vainqueur et des vaincus tout au long des années à venir. Tout concourt donc à poser les vraies questions et à apporter les meilleurs réponses.

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Vous aussi, participez au débat :
La guerre des chefs à l'UMP est-elle une bataille d'egos ?

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