Promesse

En France: 78 % de l'électricité d'origine nucléaire

La catastrophe nucléaire de Fukushima, qui s’est produite en mars 2011, a relancé dans le monde entier le débat sur l’utilisation du nucléaire pour la production d’électricité. Mais tous les pays ne sont pas égaux face à l’atome. La question [...]

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Arthur Leroy

Il faut qu'il y ait un débat rationnel sur le nucléaire, sans parti pris idéologique

Le débat sur la sortie du nucléaire prend une tournure hystérique depuis l'accident de Fukushima. Certes la catastrophe japonaise redéfinit notre rapport au nucléaire, mais il est malsain qu'un débat aussi engageant pour notre avenir ne soit abordé que sous l'angle de la peur.

La sûreté nucléaire est évidemment la première dimension à prendre en compte quand on parle de nucléaire. Et sous cet angle-là, force est de constater que l'accident de Fukushima nous ramène à une froide réalité : le risque zéro n'existe pas dans la vie.

Tant qu'il y aura des centrales, il y aura des risques d'accident nucléaire... de la même façon qu'il y aura des morts sur la route aussi longtemps qu'on construira des voitures ; ou des risques de ruptures de barrages ou d'explosions d'usine tant qu'on utilisera de l'électricité.

Avec une précision de taille tout de même qu'il ne faut pas sous-estimer : un accident nucléaire peut entraîner une radioactivité qui peut rendre invivables pendant des décennies de larges zones habitées.

Mais là aussi, il ne faut pas se contenter de scénarios catastrophistes et regarder les leçons de Fukushima : un séisme de magnitude 9.0 suivi d'un tsunami de 15 mètres, le deuxième accident nucléaire le plus grave du monde, un émoi planétaire... pas une seule victime directe, et une zone d'exclusion d'une vingtaine de kilomètres qui devrait encore être réduite de moitié dans les semaines à venir.

S'ils sont primordiaux, les enjeux de sûreté nucléaire sont souvent fantasmés (non Fukushima n'est pas Tchernobyl et le nucléaire civil n'a rien à voir avec la bombe atomique) et ne peuvent pas suffire à définir la politique énergétique d'un pays.

Quid du réchauffement climatique ? Si la question de la gestion des déchets nucléaires est loin d'être anodine et pose de graves problèmes pour les générations futures, on ne peut pas nier que le nucléaire est la seule énergie décarbonée de masse : à la fois disponible en grande quantité, à bas coûts et en permanence.

La sortie du nucléaire signifierait d'accepter des augmentations des émissions de gaz à effet de serre (gaz et charbon) puisqu'il est illusoire de penser que les énergies renouvelables pourront prendre le relais à brève échéance.

Que penser ensuite des enjeux économiques et sociaux ? Sans rentrer dans le décompte au doigt mouillé des uns et des autres, le nucléaire est une filière qui génère beaucoup d'emplois en France. Des emplois industriels qu'il serait mal venu de délocaliser en cette période de "consommer français".

Mais la pire des conséquences sociales serait pour les usagers avec le renchérissement inévitable du prix de l'électricité qui pourrait doubler en cas d'abandon de l'atome. Difficile à légitimer auprès des classes populaires qui voient déjà leur pouvoir d'achat fondre comme neige au soleil.

Reste enfin la question de la souveraineté énergétique de la France. Nous importons certes l'uranium qui fait tourner les centrales nucléaires, mais en quantité infime et en disposant de stocks qui nous prémunissent contre un renchérissement brutal du prix de la matière première.

La France a lancé dans les années 1950 son programme nucléaire afin de se prémunir contre sa dépendance aux hydrocarbures : une sortie du nucléaire signifierait un retour aux importations massives d'énergies fossiles (en plus du carburant).

Un débat sur le nucléaire, certes. Il est nécessaire et bénéfique de se poser les questions qui engagent le pays. Mais sans exclusive et sans partie pris idéologique.

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Vous aussi, participez au débat :
Faut-il sortir du nucléaire ?

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  • Photo de Thomas Galler

    26 avril 2012, 03:08

    Thomas Galler
    Voilà bien le défaut du débat : le danger, les accidents. La route a engendré plus de mort et de pollution (notamment via forage), mais d'accord, concentrons-nous sur le nucléaire et ses déchets.
    Le nucléaire n'est pas "propre" en partie à cause de ses rejets, mais c'est peu comparé au coût environnemental de la prospection, extraction, transport du combustible.
    Cela dit c'est la plus "propre" des sources énergétiques actuelles (les dites "énergies renouvelables" étant en voie de développement)

    Stratégiquement, bien évidemment, conserver une production énergétique reposant essentiellement sur un matériau rare situé majoritairement dans des pays politiquement turbulents est une aberration.
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  • Photo de Aizen Kaguya Fsa oui

    31 octobre 2012, 15:47

    Aizen Kaguya Fsa

    @Thomas Galler 

    On peut facilement constater tu n'es pas assez documenté sur le sujet. Le problème d'un débat c'est surtout ça : avoir à faire à des gens qui ne connaissent ni les bases de la physique, ni les bases de la radioprotection, ni les tenants et aboutissant des désastres précédents. Que faire à part de dire que tu devrais certainement mieux t'informer ?

    Les rejets..."c'est bien peu"...
    Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre...

    Prends donc un peu d'Iode 131 pour ta thyroïde, et tu verras si un peu ne te fait pas de mal.


    Tu affirmes que les accidents de la route ont fait plus de morts, que d'accidents nucléaire : c'est typiquement l'argument absurde et irréfléchi que l'on nous sort dès qu'on arpente le débat sur le nucléaire.

    Il faudrait être un peu plus sérieux que ça dans tes arguments, tu ne crois pas ?

    Parce que justifier d'un mal, par un autre mal parce que ça te semble arbitrairement moins mauvais : ce n'est pas ce que j'appelle un débat rationnel.

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  • Photo de Cyril Froidevaux oui

    01 juillet 2012, 23:08

    Cyril Froidevaux
    Non le débat ne prend pas du tout une tournure hystérique. Au contraire en France il est inexistant. Et pour cause. Le débat est verrouillé pour raison d'Etat.
    Je me permet de réagir, car je connais le débat depuis que je suis tout petit. Dans mon pays, à la différence de la France, on a pu s'exprimer au sujet de cette énergie. On n'a pas accepté de renoncer à cette énergie facilement, mais on n'a pas non plus autorisé la construction de nouvelles centrales depuis les années 70. Le peuple serait-il déraisonnable?
    J'ai quand même un certain nombre de point à éclaircir avec cet article.
    Premièrement, un accident nucléaire (je parle de catastrophe quant à moi) n'a rien à voir avec n'importe quel autre accident.
    Ensuite, déclarer qu'il n'y a pas une victime directe est purement malveillant. Je ne prendrais que l'exemple du directeur qui soufre d'un cancer. On ne peut pas prouver que c'est à cause de la centrale? Bien entendu. Mais on a entendu ça après Tchernobyl aussi. Donc le déni, la désinformation, la minimisation des problème est une constante chez les défenseurs de cette énergie.
    Fukushima n'est pas Tchernobyl? Non effectivement. C'est pire. Cette fois il y a 3 réacteurs qui ont pété plus une piscine de désactivation qui menace
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  • Photo de Cyril Froidevaux oui

    01 juillet 2012, 23:17

    Cyril Froidevaux
    Ensuite le débat sur le réchauffement climatique est aussi un leurre puisque cette énergie produit aussi de CO2 de façon indirecte. De plus toute l'énergie qui part en chaleur, sans parler de l'élévation de la température des eaux des rivières contribue aussi au réchauffement...
    Il n'est absolument pas illusoire de penser que des énergies renouvelable ne pourront pas prendre le relais. Avec beaucoup de mauvaise volonté, on peut garder le status quo. On fait croire à la population qu'il n'y a pas d'alternatives, c'est tout. Le fric en est l'enjeu.
    Pour l'indépendance énergétique, je ne vais même pas commentercette absurdité. Je vous rappelle juste que les mines d'uranium exploitées en France ont provoqué une pollution radioactive sans précédent. Et AREVA s'en fout complètement!
    Quant aux emplois crées, c'est aussi un leurre. Il y aurait beaucoup plus d'emplois crées dans les énergies renouvelable que dans le nucléaire. En plus, il y aurait beaucoup moins de maladies induite pas ces emplois...
    Enfin, les décisions prises dans les années 50 n'ont pas du tout été les bonnes. Et maintenant il est quasi impossible de faire machine arrière!
    Ce n'est pas une prise de position idéologique, mais juste une opinion faite après mure réflexion
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  • Photo de Amandine Colomb oui

    31 octobre 2012, 13:40

    Amandine Colomb
    oui et ce débat si il est vraiment objectif, débouchera sur un contre puis ce qu'on ne peut pas choisir une énergie par dépit en tout objectivité
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  • Photo de Aizen Kaguya Fsa oui

    31 octobre 2012, 15:36

    Aizen Kaguya Fsa
    Il faudrait qu'il y ai un débat rationnel SANS MENSONGES surtout. Car si le grand public savait toute la réalité sur l'industrie nucléaire, je doute fort que les populations restent longtemps rationnelle.

    La peur est humaine. Surtout lorsqu' elle est justifiée par un danger qui coûte la santé et la vie à toute une population actuellement au Japon. Mais il n'y a pas eu que Fukushima : Tchernobyl a été le théatre des plus grands média-mensonges. Depuis, rien n'est terminé : on peut observer des dégénérescence génétique, des morbidités héréditaires, toutes sortes de maladie qui n'existaient pas avant l'accident. Mais qui en parle?

    Il n'y a rien d'irrationnel à penser que d'un point de vu logistique et sanitaire, aucun gouvernement en ce monde n'est en mesure de gérer une crise nucléaire comme celle de Fukushima.

    Le pire scénario avait été soulevé par l'ex premier ministre Naoto Kan : une possible évacuation de Tokyo à l'époque.

    J'aimerais qu'on m'explique, si ça avait été une nécessité, comment ils se seraient pris pour évacuer 38 millions d'habitants.

    Dès que nous en venons à nous poser des questions rationnelles justement, elles restent la plupart du temps sans réponses de la part des autorités et du lobby pro nucléaire.
    2 1
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