Des ressources limitées

La planète a officiellement dépassé le 31 octobre 2011 le cap des sept milliards d'habitants.

La planète a officiellement dépassé le 31 octobre 2011 le cap des sept milliards d'habitants. Une nouveau palier démographique qui soulève de vives inquiétudes en raison des inégalités croissantes sur la Terre. Sans un meilleur partage des [...]

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Rodrigue coutouly
responsable d'un Think Tank artisanal

Malthus, de vieilles idées neuves

Quoi de commun entre le génocide au Rwanda et le mur qui sépare aujourd'hui Israélien et Palestinien? Entre les émeutes de la faim au Maghreb et l'augmentation prévisible du prix du pétrole dans les années à venir? Et quel rapport entre ces faits et la spéculation immobilière qui fait des ravages partout dans le monde? Rien, en apparence, et pourtant la convergence de ces informations et de bien d'autres encore, prouve l'actualité de la pensée de Malthus.

Bien entendu, quand on parle de Malthus, la controverse n'est pas loin. Sa théorie est contestée et les scientifiques n'ont pas manqué de relever les incohérences de sa pensée.

 

Presque partout, et en tout, Malthus fait l'unanimité contre lui. Les gens de Gauche reprochent à sa pensée de montrer du doigt les pauvres et de faire du misérabilisme. Les gens de droite, positivistes, s'appuient sur les réussites des Révolutions industrielles et des progrès de l'agronomie, pour montrer qu'il s'était trompé sur la capacité de la planète à nourrir sa population.  Les religions n'aiment guère cette théorie qui conteste à Dieu, son pouvoir sur les hommes. Les démographes leur emboîtent le pas et démontrent, à juste titre, la généralisation de la transition démographique à l'ensemble de l'Humanité. 

Alors, "has been" le camarade Malthus? Non, au regard d'un nouveau concept scientifique,l'empreinte écologique. Apparu depuis moins de 20 ans, elle  mesure les surfaces biologiquement productives de terre et d´eau nécessaires pour produire les ressources qu´un individu, une population   consomme dans une situation donnée. On sait déjà que l'Humanité consomme actuellement l'équivalent de 1,4 planète pour vivre, elle consomme donc davantage de ressources que la Terre ne peut en produire.

Les détracteurs de Malthus ont eu pendant longtemps l'oeil rivé sur l'agriculture, obsédés par les famines de l'ancien temps. Mais il est aujourd'hui probable que d'autres ressources manqueront avant la nourriture : minerai, pétrole, eau, les sources de conflits et de concurrence ne manquent pas entre les différents groupes humains.

 

L'idée malthusienne devient intéressante à  condition de respecter quelques principes intellectuels:

-se débarrasser des représentations idéologiques, décrites plus haut, qui polluent notre réflexion en mettant des murailles infranchissables qui interdisent, alors, de libérer la pensée. Pour beaucoup, la surpopulation est un tabou inacceptable.

-accepter de sortir d'une vision catastrophiste (la Terre va crouler sous une population devenue incontrôlable) pour envisager l'empreinte écologique et la surpopulation comme  des outils  conceptuels nécessaires pour penser demain et proposer des politiques publiques cohérentes. Aujourd'hui, toutes les théories économiques (libérale ou socialiste), tous les discours politiques sont inutiles si ils n'intègrent pas cette dimension de l'utilisation des ressources et de la nécessite de construire des systèmes durables.

-l'utiliser comme une des grilles, un des outils nécessaires pour comprendre le monde actuel dans lequel nous vivons.  La concurrence pour les espaces, l'utilisation des ressources de chaque territoire dépendent en effet de la pression que les communautés humaines font peser sur les surfaces disponibles. Les conflits intra ou inter-communautaires, l'augmentation du prix des matières premières ou agricoles, la raréfaction des ressources, la frénésie immobilière, les bouchons à l'entrée des grandes villes ont un lien avec ce phénomène. Il est permis aussi de s'interroger sur le lien qu'entretient la surpopulation et le chômage généralisé aujourd'hui.

 

Car finalement, si le chômage de masse est redevenu un phénomène presque planétaire, après la parenthèse des 30 glorieuses, n'est-ce pas aussi parce que l'accroissement de la population ne permet pas de fournir du travail à tout le monde? En tout cas, il est permis de se poser la question. 

8 4

Vous aussi, participez au débat :
Déjà 7 milliards d’habitants sur terre, doit-on encore faire des enfants ?

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  • Photo de Reduce Population non

    05 août 2012, 18:50

    Reduce Population
    bon texte ! merci
    0 0
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  • Photo de Guillaume Kaerzed non

    05 août 2012, 22:59

    Guillaume Kaerzed
    Pourquoi avoir voté OUI?
    1 0
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  • Photo de Vortis Mel Abard

    13 août 2012, 22:54

    Vortis Mel Abard

    @Guillaume Kaerzed 

    Parce qu'il ne faut pas perdre espoir.
    1 0
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  • Photo de Gidmoz Gidmoz oui

    14 août 2012, 12:57

    Gidmoz Gidmoz ingénieur, libertarien, école autrichienne d'économie, chercheur en science économique
    @Rodrigue Coutouly
    Vous dites que la surpopulation est un "outil conceptuel". Il me semble impossible de définir de manière cohérente ce concept. En effet, tant qu'un individu ne nuit à personne, il n'est pas en surnombre. L'aporie du concept de surpopulation est qu'il est impossible de trouver un critère qui définirait une limite au delà du quel un individu serait en surnombre.
    1 0
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  • Photo de Pierre Ruiz non

    15 août 2012, 00:11

    Pierre Ruiz

    @Gidmoz Gidmoz 

    Je dirai qu'on est en surnombre

    -quand les réserves de poisson manquent pour certains.
    -quand on défriche toujours plus pour l'agriculture.
    -quand on commence à se battre pour l'accès à l'eau
    -quand on peut plus faire deux bornes sans tomber sur des barres d'immeubles et des paysages ravagés .
    -quand on peut plus voire la nuit à cause des lumières des villes
    -quand les demandes en énergie augmentent.

    Et surtout quand on nuit aux autres espèces par notre développement et pas seulement à nous même .

    Mais c'est vrai qu'il n'y a pas de critère universel pour définir la chose. C'est pourquoi on peut pas laisser cette question au bon vouloir de quelques uns seulement.
    0 1
    Répondre
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  • Photo de Gidmoz Gidmoz oui

    15 août 2012, 11:58

    Gidmoz Gidmoz ingénieur, libertarien, école autrichienne d'économie, chercheur en science économique

    @Pierre Ruiz 

    @Pierre Ruiz
    Certains ne sont pas assez riches pour acheter du poisson. Mais il est inexact de dire que le poisson "manquerait" pour certain. La moitié des poissons consommés proviennent de ferme aquatique d'élevage de poisson. Si la demande de poisson augmente, les éleveurs de poisson produiront davantage. Je parle ici de "demande solvable", c'est à dire d'un consommateur qui dispose d'argent pour acheter la marchandise.

    Il en est de même pour l'eau. L'eau potable est produite en usine. La matière première est abondante: c'est l'eau des rivières, parfois l'eau de mer. ce qui peut manquer est l'argent pour acheter cette eau. Si l'eau potable manque, un producteur d'eau potable investira dans une usine pour produire de l'eau potable.

    Les demandes d'énergie augmentent. Les producteurs d'énergie produisent davantage. Je ne vois aucun problème dans une telle production.

    Aucun de vos critères de "surnombre" ne permet de dire que tel individu serait en "surnombre" sur cette planète Terre.
    1 0
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  • Photo de Matt Buster non

    14 mai 2013, 12:10

    Matt Buster

    @Gidmoz Gidmoz 

    Il y a un gros problème dans ce raisonnement: un phénomène physique que vous ne prenez pas en compte, et qui est bien réel :

    Le phénomène de l'échelle: ce qui fonctionne à une échelle ne fonctionne pas forcément à l'échelle au dessus.
    - Si des barrages sont trop petits, vous ne pouvez pas forcément en construire des plus gros : demandez donc à la Chine ou ils en sont.
    - Si la demande en pétrole augmente, on ne peut pas "simplement" en augmenter la production. Plus cela sera profond, plus il faudra de l’énergie pour aller en chercher. (sans même aborder le problème des stocks)
    - Le nucléaire ? Bof, outre le fait que l'on ne maitrise pas grand chose (http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/habiter-pres-d-une-centrale-nucleaire-favoriserait-la-leucemie-chez-l-enfant_1070801.html), si tout le monde consommait comme la France, nous n'aurions de réserve d'uranium que pour 50 ans.
    - Si l'espace pour l'agriculture manque : comment trouver plus d'espace ?
    - Pourquoi avant des populations entières pouvaient s’alimenter de leur pèche, et ne le peuvent plus aujourd'hui ?
    - Pourquoi des populations entières manquent d'eaux, alors qu'à vous lire, la solution est si simple ?
    - Pourquoi l’Espagne doit faire un choix crucial entre alimenter en eau l'agriculture ou les villes ?

    Et surtout, surtout : on ne peut pas tout augmenter à la fois, les uns entrant en concurrence avec les autres.
    L'augmentation ne peut être la réponse dans un ensemble fini. c'est une base mathématique. J'aurais pu ajouter : ou alors, juste temporairement. Mais je pense que nous en avons suffisamment abusé.
    0 0
    Répondre
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  • Photo de Pierre Ruiz non

    15 août 2012, 18:14

    Pierre Ruiz

    @Pierre Ruiz 

    Oui je sais , mais la question de base ne porte pas seulement sur le côté économique de la chose.
    J'inclue le côté ressources dans le côté économique .
    Il est aussi question du côté environnement , biodiversité tout ça...
    Le côté économique , c'est le côté théorique , hors du monde et des réalités.

    On peut encore doubler le nombre de gens , il y aura encore assez de réserves , les créeront nous peut-être , mais ça aura un prix .

    Quand un certain nombre de personnes suffit à rendre une planète invivable pour nous et les autres espèces ( il m'est impensable de les exclure du calcul ) , c'est déjà insupportable.

    Lorsqu'ils se mettent tous à penser de la même façon , et globalement partager les même valeurs égoistes , c'est encore plus la cata et ils sont alors trop .

    C'est sûr que si on se limite au côté économique et à ses valeurs , on n'est jamais trop.
    Mais , c'est ce côté là que moi j'ai mis à part. Pas mes valeurs. Et là , oui , on est trop .
    0 0
    Répondre
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