Dépression

Plaçons-nous la barre trop haut ? Dans «Le pays où la vie est plus dure», l'ancien journaliste, aujourd'hui consultant, Philippe Manière fait de la France un «paradis perdu», dont l'innoncence a été ruinée par une mondialisation plus [...]

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Philippe Manière
Président de Footprint Consultants

Il faut rêver utile, «retremper» le rêve français

Rêver, c’est parfois utile, parfois inutile – voire dangereux : en économie comme en matière sociale, il n’y a pas de baguette magique !  Le propre du rêve français c’est, hélas, qu’il est épuisé. Terminé. Personne, d’ailleurs, ne chercher à imiter notre fameux modèle. Il faut dire qu’avec un taux de chômage presque deux fois plus élevé que celui des Allemands et trois fois plus élevé que celui des Néerlandais ou des Suisses, et des déficits abyssaux  il n’a pas grand-chose de sexy…

Face à ce constat, il y a deux postures possibles. La première est celle de la résignation. On peut se dire que la France a été « battue », que sa vision s’est dissoute dans la mondialisation, qu’elle a perdu le match, qu’il lui faut oublier sa singularité et ses idéaux et se plier à une « norme mondiale ». Mais on peut aussi se dire que le rêve français mérite d’être réinventé, que notre projet collectif a encore un sens, qu’il faut simplement le « retremper » : il est normal, après tout, que les déclinaisons concrètes de ce rêve, inventées  en 1946 et formidablement efficaces dans les années soixante, ne fonctionnent plus un gros demi-siècle plus tard ! Rêver utile, ce serait ça : garder la fierté du projet collectif français, mais ne pas s’enferrer dans l’idée absurde qu’on peut le décliner de la même manière dans un monde sans frontières et interconnecté à la milli-seconde que du temps du rideau de fer et de la tél noir et blanc. C’est accepter la mondialisation et en finir avec le déni,  mais en faisant tout pour ne plus la subir passivement et douloureusement comme nous le faisons aujourd’hui.

Rêver utile, ce serait former un projet français de mondialisation « intégratrice », ou « inclusive », une mondialisation qui bénéficie à tous, et pas aux seuls bien-nés. Pas jeter aux orties le modèle français, mais  le réinventer, le mettre au goût du jour.

Nous avons épousé la mondialisation pour le pire, et pas pour le meilleur. Mais il n’est pas trop tard pour remettre les choses à plat et tout mettre en œuvre pour capter ses bienfaits tout en limitant ses inconvénients – alors que nous faisons aujourd’hui exactement le contraire.

[Philippe Manière est l'auteur de «Le pays où la vie est plus dure» chez Grasset]

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Vous aussi, participez au débat :
Vit-on mieux en rêvant moins ?

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  • Photo de ddacoudre . non

    01 juillet 2012, 11:53

    ddacoudre . militant à la retraite.
    un point de vue qui en vaut bien d'autre. limité la faisabilité de nos désirs à la possession financière des moyens d'échange n'est qu'un regard se fusse-t-il universalisé pour répondre à des comportements grégaire.
    il faut avoir en mémoire que si notre mode de vie constitué une vérité absolue nous naitrions avec ces moyens et nous n'aurions pas à les apprendre.
    il est donc possible d'organiser une existence en dehors de celle qui est, tout comme il est possible de comptabiliser différemment, l'activité écologique, l'activité de solidarité et santé, l'activité de subsistance et celles des production de biens. ne pas rêver c'est soutenir qu'il n'y a qu'un modèle économique viable, cela s’appelle concourir à une valeur nulle puisque qu'elle n'aura plus d'aiguillon et mourra sous ses propres déchets car incapable de se remettre en cause pour créer le mouvement qui marque toute vie.
    nous ne pouvons réduire l'existence à une valeur comptable, ni croire que le capitalisme est l'avenir de l'espèce parce que nous disposons d'un mode de comptabilisation de nos relations économiques qui ne vise qu'a produire du capital. il en sera envers et contre tous autrement.
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  • Photo de Non connecté
  • Photo de ddacoudre . non

    01 juillet 2012, 11:53

    ddacoudre . militant à la retraite.
    http://ddacoudre.over-blog.com/pages/nous-ne-pourrons-pas-survivre-a-une-societe-qui-ne-reduit-l-existence-humaine-qu-a-une-valeur-compta-7612473.html
    http://ddacoudre.over-blog.com/pages/remunerer-les-hommes-pour-apprendre-7538257.html
    0 0
    Répondre
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