Assassinats politiques?

Des manifestants tunisiens accusent le parti islamiste Ennahda d'être à l'origine du meutre de Chokri Belaïd

Deux ans et demi après la «révolution du jasmin», l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi jeudi 25 juillet, cinq mois après celui de Chokri Belaïd, provoque de nouvelles tensions en Tunisie. Peu après l'incident, de nombreux manifestants se [...]

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Contexte

Des manifestants tunisiens accusent le parti islamiste Ennahda d'être à l'origine du meutre de Chokri Belaïd

Deux ans et demi après la «révolution du jasmin», l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi jeudi 25 juillet, cinq mois après celui de Chokri Belaïd, provoque de nouvelles tensions en Tunisie. Peu après l'incident, de nombreux manifestants se sont rassemblés à Tunis ainsi qu'à Sidi Bouzid, région natale du député du Mouvement populaire, en réclamant la chute «[des] obscurantistes, [d']Ennahda et [des] salafistes». La famille et les proches de Mohamed Brahmi, figure de l'opposition au parti au pouvoir Ennahda, dénoncent en effet un assassinat politique orchestré par les islamistes.

Lors du printemps arabe, durant les manifestations à Tunis et au Caire qui ont abouti à la chute de deux régimes dictatoriaux, les islamistes se sont fait discrets. Ils n'ont ni initié la révolte, ni cherché à en revendiquer la paternité a posteriori. Les mouvements réclamaient la liberté avant tout. 

Néanmoins, en Tunisie, en Egypte et même en Libye, les islamistes se sont imposés comme les grands bénéficiaires politiques des soulèvements populaires.. En Tunisie, le parti islamiste Ennahda est arrivé en tête dans chacune des 33 circonscriptions du pays, obtenant 90 des 217 sièges de l’Assemblée constituante. En Égypte, les Frères musulmans, les salafistes d’Al-Nour et les modérés du Wassat remporteraient plus de 65 % des voix aux élections législatives.

Un an et demi plus tard, confrontées à l'exercice du pouvoir, les majorités islamistes égyptienne et tunisienne font preuve d'une certaine fragilité face à une opposition de plus en plus mobilisée. 

En Egypte, le président Mohamed Morsi, accusé de s'être engagé sur la voie d'un régime dictatorial, a été destitué par l'armée mercredi 3 juillet. Un gouvernement provisoire, devant travailler à l'adoption d'une nouvelle Constitution puis à l'organisation d'élections législatives et présidentielles, a prêté serment mardi 16 juillet. Le juge constitutionel Adly Mansour a quant à lui été nommé président par intérim, alors que la justice réclame la détention de Mohamed Morsi pour lien avec le Hamas.

Les importantes difficultés économiques que connaît la Tunisie ont pour effet d'attiser les tensions entre le parti Ennahda et les syndicats. Les manifestations se multiplient alors que le pays s'apprête à fêter le deuxième anniversaire du début de la révolution.

Faut-il avoir peur des islamistes au pouvoir ?

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