Flagornerie Photo : Gus Ruelas/AP/SIPA

A-t-on le droit de critiquer un mort ?

Peut-on critiquer une personnalité qui vient de mourir ? Les décès successifs du réalisateur Tony Scott et de l’animateur Jean-Luc Delarue les 19 et 24 août ont relancé la polémique au sujet du traitement médiatique réservé aux morts.

Jérémie [...]

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Contexte

A-t-on le droit de critiquer un mort ?

Peut-on critiquer une personnalité qui vient de mourir ? Les décès successifs du réalisateur Tony Scott et de l’animateur Jean-Luc Delarue les 19 et 24 août ont relancé la polémique au sujet du traitement médiatique réservé aux morts.

Jérémie Couston et Eric Libiot, journalistes officiant respectivement à Télérama et L’Express ont été vivement attaqués sur Twitter la semaine dernière. En cause ? Leur articles nécrologiques peu amènes à l’égard du réalisateur américain. Rompant avec la flagornerie qui caractérise généralement ce type d’écrits, les deux journalistes se sont fendus de papiers au vitriol. La réaction des twittos a été immédiate ; les messages d’insultes se sont multipliés à l’égard des deux critiques, accusés de manquer d’élégance.

La mort de Jean-Luc Delarue, vendredi 24 août, a été l’occasion d’un déferlement d’hommages à l’animateur et producteur célèbre décédé d’un cancer à 48 ans. Au point que le journaliste Jean-Frédéric Tronche s’interroge sur cette «vague laudative» dans un article recensant les déclarations d’amour posthumes sur le site du Nouvel Observateur.

Dans un article sur Télérama, Samuel Gontier tourne justement en dérision le traitement complaisant des medias au sujet de Jean-Luc Delarue et les réactions émues de ses confrères. Sur un mode ironique, le blogueur imagine les réactions fictives d’une tripotée de personnalités à l’annonce de la mort de Jean-Luc Delarue, dont celle de Barack Obama : «God Bless Jean-Luc ! Le monde libre lui doit une fière chandelle. Adaptée aux prisonniers de Guantanamo, sa technique d’interview a permis de faire échouer plusieurs tentatives d’attentats.»

Cet article humoristique a provoqué la colère du chroniqueur Matthieu Géniole. Il dénonce sur Le Plus une «volonté répétitive de salir les morts». Il y voit le signe d’une inflexion de la ligne éditoriale du magazine Télérama, qui chercherait à attirer une audience plus jeune en donnant dans l’irrévérence.

A-t-on le droit de critiquer un mort ? En juin déjà, un article de Rue89 critiquait la machine à hommage médiatique après l'annonce de la mort de Thierry Roland. «La mort efface tous les défauts.», déploraient les auteurs, faisant référence à la personnalité controversée du commentateur sportif gommée par l’émotion collective.

Si l’article nécrologique est un exercice délicat, comme l’explique Jean-Michel Frodon dans un texte consacré à la polémique autour de la mort de Tony Scott, doit-on pour autant succomber à la dictature de l’émotion ?

Qu’en pensez-vous ? Les medias sont-ils trop complaisants avec les morts ?

Entrer dans le débat

Principaux arguments Non

Photo de Cyril Curutchague non
Cyril Curutchague
Cancer : ce crabe tambour, tambourine

Principaux arguments Oui

Photo de Georges CRISTINI oui
Georges CRISTINI
La peur de SA MORT, cause du besoin de louer la mort de l'AUTRE
Photo de Daniel Salvatore Schiffer oui
Daniel Salvatore Schiffer Philosophe
De quoi Jean-Luc Delarue est-il le nom ?