L'étoile noire

«Golman Sachs, bienvenue dans l’empire du mal», titrait l’Expansion du 15 mars. La plus puissante des banques d’affaires américaines, cible de critiques à répétition depuis trois ans, est prise à partie par un de ses directeurs, fraichement [...]

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Vincent Paes
Directeur de la publication du site Economieetsociete.com

Il n’y a pas de fumée sans feu

"Goldman Sachs est un entreprise plus toxique et destructif que jamais. Des gens qui se préoccupent uniquement de faire de l'argent ne peuvent maintenir cette entreprise à flots - ou garder la confiance de leurs clients - pour encore bien longtemps". Aujourd'hui, si vous faites gagner assez d'argent à la firme (et si vous n'avez assassiné personne à l'aide d'une hache) vous serez promu à un poste influent", a déclaré, Greg Smith, ancien directeur exécutif chargé des marchés des produits dérivés en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique pour la banque d'affaires Goldman Sachs, dans une tribune publiée mercredi par le New York Times.

Il poursuit ses attaques en promulguant trois conseils pour réussir à Goldman Sachs :

  • refourguer à ses clients des actions et des produits financiers dont Goldman Sachs cherche à se débarrasser,
  • les pousser à investir dans des produits qui ne sont peut-être pas les meilleurs pour eux, mais qui rapporteront le mieux à Goldman Sachs,
  • et s'assoir dans un fauteuil d'où vous ferez commerce de n'importe quel produit opaque et non liquide avec un acronyme en trois lettres. 
Du côté de Goldman Sachs, on s’est contenté de répondre mollement à ces accusations, via un communiqué : "Nous ne pensons pas que les opinions exprimées par M. Smith reflètent fidèlement nos pratiques. Nous pensons que nous ne réussirons que si nos clients réussissent. Cette vérité fondamentale est au cœur de notre manière d'agir". Néanmoins face à l'ampleur du phénomène, la direction de Goldman Sachs a fini par annoncer qu’elle allait entamer "une réflexion pour renforcer ses règles de transparence sur les conflits d’intérêt".

Quelques jours après son témoignage, des rumeurs ont vu le jour afin de le décrédibiliser. C’est ainsi que le Wall Street Journal reporte que Greg Smith serait en réalité vice-président de Goldman Sachs, une position qui serait tenue par des milliers d'employés de la firme à travers le monde. On est donc bien loin de la position qu’il disait avoir : "Mes clients représentaient un portefeuille total de plus d'un millier de milliards de dollars". Le quotidien américain de la finance précise également que le faible bonus annuel reçu en 2012 par Greg Smith avait suscité des frictions avec sa hiérarchie. Alors, accusation fondée ou simple mensonge pour vengeance ? Une chose est sûre, il n’y a pas de fumée sans feu…

Article initialement publié sur le site economieetsociete.com
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Goldman Sachs est-il l’ennemi public numéro un ?

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