Dégradées

Allouer des financements à des entreprises, des collectivités, prêter aux particuliers pour un concrétiser un projet... Le rôle d’une banque était à peu près clair il y a une vingtaine d’années : il s’agissait d’une position d’intermédiaire [...]

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Contexte

Allouer des financements à des entreprises, des collectivités, prêter aux particuliers pour un concrétiser un projet... Le rôle d’une banque était à peu près clair il y a une vingtaine d’années : il s’agissait d’une position d’intermédiaire financier indispensable pour “fluidifier” l’économie.

Mais à la fin des années 80, tout s’est compliqué. Les banques européennes ont voulu imiter les anglo-saxonnes, se sont tournées vers les grands groupes, les collectivités et les États et ont développé une toute nouvelle gamme d’activités : introduction en Bourse, émission de dettes, opération de fusions-acquisitions.

La double casquette des banques “universelles”

A la différence de leurs homologues anglo-saxonnes (une loi interdit depuis la crise de 1929 de réunir les deux activités dans un même groupe), les établissements comme BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, CEBP, Crédit Mutuel-CIC sont devenues des banques “universelles”, à la fois banques de dépôt et “BFI”, banques de financement et d’investissement.

Le rôle d’une BFI est bien distinct de celui d’une banque de dépôt. Il s’agit de rechercher des liquidités auprès d’autres banques, sur les marchés monétaires ou auprès de la Banque centrale, de permettre à leurs clients entreprises d’accéder au marché des capitaux en réalisant des émission d'actions et d’obligations. 

Dans les salles de marché des banques, les activités sont alors devenues de plus en plus complexes. La “titrisation”, une technique consistant à transformant ces créances en titres financiers émis sur le marché des capitaux, s’est fortement développée, de même que les activités de négoce pour “compte propre”, consistant à faire porter de manière temporaire le risque d’une opération par la banque elle-même. 

De bonnes affaires sur les marchés

Ces activités représentent une véritable manne pour nos banques “universelles” : en 2009, année record pour la banque de financement et d’investissement en France, la branche dédiée de BNP Paribas générait 12,2 milliards d'euros de bénéfice et celle de Société Générale 9,7 milliards. Un an seulement après la crise, les banques n’ont jamais fait autant de bonnes affaires sur les marchés!

Mais le décalage entre l’activité réelle des banques et l’image de bons pères de famille qu’elles veulent donner à leurs clients est devenu intenable. Avec la crise, tout le monde sait désormais que la grande enseigne du coin de la rue est la même qui possède des bons du Trésor italien ou américain, investit sur les Bourses de Singapour, Hong-Kong ou New York, finance aussi bien la construction d’un pont dans la Creuse qu’une usine de nickel en Nouvelle-Calédonie. 

Les dirigeants de nos banques “universelles” assurent que cette double casquette fait d’eux des établissements modernes, capables de répondre à tous les besoins de notre économie mondialisée. Tout le monde n’est pas de cet avis.

Entrer dans le débat

Principaux arguments Non

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Cécile Geng
Les politiques n'ont plus de pourvoir face aux banques et aux lobbies
Photo de David Roy non
David Roy Un simple citoyen
Non les banques nous endettent à long terme

Principaux arguments Oui

Photo de Alain Feau oui
Alain Feau
Via le crédit les banques créent de l'argent à la place des Etats
Photo de Jacques Franc oui
Jacques Franc Journaliste éco et High Tech
Les banques de détail continuent bien de prêter