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La vraie question

La vraie question qui se cache derrière le débat actuel sur le cinéma français, c’est celle de la qualité. Cette «qualité française» dont parlait François Truffaut dans les Cahiers du Cinéma à la fin des années cinquante. Qui se plaindrait, en [...]

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Éditorial
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Frédéric Taddeï Directeur éditorial de Newsring

La vraie question

mardi 8 janvier 2013

La vraie question qui se cache derrière le débat actuel sur le cinéma français, c’est celle de la qualité. Cette «qualité française» dont parlait François Truffaut dans les Cahiers du Cinéma à la fin des années cinquante. Qui se plaindrait, en effet, du salaire des vedettes et du montant des subventions si l’on assistait chaque année à une avalanche de chefs-d’œuvre ou, à défaut, si les spectateurs se ruaient par millions pour voir les dernières productions françaises et en sortaient contents, comme ils sortaient contents jadis des films d’Henri-Georges Clouzot ou de Louis de Funès? Le cinéma n’a que deux excuses de coûter aussi cher : soit il fait des succès, soit il fait des chefs-d’œuvre. Il ne peut pas faire que ça, bien sûr, il y aura toujours des films ratés ou sans intérêt, mais il doit en réussir suffisamment pour nous convaincre qu’il mérite de continuer d’exister...

Pour beaucoup, 1981 fut la dernière grande année du cinéma français. C’est la dernière fois qu’on vit autant de bons films français sur les écrans: «Coup de torchon», de Bertrand Tavernier, «La guerre du feu» de Jean-Jacques Annaud, «Garde à vue» de Claude Miller, «Une étrange affaire» de Pierre Granier-Deferre, «La femme d’à côté» de François Truffaut, «Hôtel des Amériques» d’André Téchiné, «Beau-père» de Bertrand Blier, «Les uns et les autres» de Claude Lelouch, «Le choix des armes» d’Alain Corneau, «Asphalte» de Denis Amar, «Eaux profondes» de Michel Deville, «Allons z’enfants» d’Yves Boisset, «La femme de l’aviateur» d’Eric Rohmer, «Celles qu’on n’a pas eues» de Pascal Thomas, «Une affaire d’hommes» de Nicolas Ribowski, «Possession» d’Andrej Zulawski, «Viens chez moi, j’habite chez une copine» de Patrice Leconte, «La chèvre» de Francis Veber, «La soupe aux choux» de Jean Girault, «Le professionnel» de Georges Lautner, «Diva» de Jean-Jacques Benneix, je ne vais pas tous les citer…

Il y en avait pour tous les goûts. Les spectateurs, d’ailleurs, ne s’y trompaient pas. En 1981, ils étaient encore un sur deux à aller voir un film français. Dix ans plus tard, ils n’étaient plus que 30%. Aujourd’hui, c’est un peu remonté, grâce à des comédies à succès comme «Intouchables» ou «Rien à déclarer», mais il n’y a pas de quoi pavoiser. Seulement quatre spectateurs sur dix vont voir un film français. 90% des films français ne sont pas rentables. Ils coûtent plus cher qu’ils ne rapportent. Et combien de chefs-d’œuvre le cinéma français produit-il chaque année? Combien de grands films? Combien de bons films? Que restera-t-il des 4 ou 5000 longs-métrages produits depuis trente ans grâce à un système de financement qui a, certes, permis au cinéma français de se maintenir en vie, mais qui l’a livré pieds et poings liés aux desiderata des chaînes de télévision? Tel est le véritable débat que les professionnels du cinéma ont du mal à aborder -c’est de leur travail qu’il s’agit-, mais que nous, spectateurs, pouvons très bien avoir.

Entrer dans le débat

Principaux arguments Non

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Medi Sadoun Acteur, membre des «Kaïra»
Le spectateur a besoin de sincérité
Photo de Agathe PETIT non
Agathe PETIT Journaliste Freelance
NON ! NON ! ET NON !

Principaux arguments Oui

Photo de Mathieu Kassovitz oui
Mathieu Kassovitz Réalisateur/Producteur/Acteur/Casse-couille
Cinéma français : je ne sens pas d'énergie, je ne vois pas d'artistes
Photo de ASBAF oui
ASBAF bloggeur, conducteur de tractopelles, mac
J'ai eu le Dahu au phone-tel, il m'a fait une vanne sur l'existence de bons scénaristes en France.